Les Césars de la surveillance
Nous aimerions, par l'attribution de ces
prix, dénoncer les dÈrapages et les abus qui menacent l'intÈgritÈ privÈe des citoyens ou limite ses
libertÈs
de parole et de circulation.
Pourquoi?
Aujourd'hui
dÈjý, chacun d'entre nous est inscrit dans plusieurs dizaines
de banques de donnÈes. Les technologies modernes du traitement
de l'information rendent possibles des mÈthodes de plus en plus
sophistiquÈes d'espionnage, de contrÙle et de surveillance
d'individus
ou de groupes.
Sous
le prÈtexte de la lutte contre la criminalitÈ et de la sšretÈ
de l'Etat, notre sphËre privÈe est envahie ý notre insu et des
droits fondamentaux comme le secret des correspondances ou le
droit ý l'anonymat, sont violÈs. Les lieux publics sont dotÈs
de plus en plus de camÈras qui nous observent au quotidien. Des
systËmes d'Ècoute militaires surveillent les communication
civiles
ý travers le monde en Ètablissant des profils vocaux, personnels
et de communication. Nos traces de donnÈes et de profils donnent
lieu ý une surveillance ciblÈe menant ý une "suspicion
prÈventive"
de tout citoyen (recherches par quadrillage).
Des
systËmes d'informations ý grande Èchelle [GSM, GPS] et des
systËmes
de paiement Èlectroniques [cartes de crÈdit, de dÈbit, call
cards,
automates bancaires, pÈage Èlectronique, etc.] permettent de
pister
et d'enregistrer nos moindres faits et gestes, et ainsi
d'Ètablir
des "profils" personnels basÈs sur le recueil de telles
informations
(data mining). Les individus libres que nous devrions Ítre
deviennent
ainsi des dÈtecteurs de mouvement vivants.
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L'introduction
de nouvelles technologies et leur acceptation progressive par
le public restent souvent inaperÁues. Parmi les arguments
invoquÈs
figurent l'efficacitÈ accrue, la rÈduction des cošts et la
modernisation,
comme c'est le cas par exemple pour le NIR (interconnexion des
fichiers fiscaux et des numÈros de sÈcuritÈ sociale) ou encore
le STIC (SystËme de Traitement des Informations ConstatÈes par
la police). Dans
le secteur privÈ, des bases de donnÈes servent avant tout ý des
fins de marketing: l'espionnage des clients permet d'ouvrir de
nouveaux marchÈs et d'harmoniser la production avec les besoins
de consommation rÈels ou suscitÈs.
L'acceptation
de technologies de surveillance est renforcÈe encore par le
"discours
de la peur". La vidÈo surveillance de l'espace public et les
Ècoutes
tÈlÈphoniques serviraient ý la lutte contre la criminalitÈ et
seraient nÈcessaires pour garantir la "sÈcuritÈ". La peur
latente
ou celle attisÈe par le "discours de la peur" facilite la
lÈgitimation
de la mise en place et le dÈveloppement de la surveillance
prÈventive
par l'Etat. Les bases de donnÈes de l'Etat sont donc utilisÈes
non seulement par l'administration pour rendre ses services plus
efficaces, mais aussi par la police et l'armÈe ý des fins
rÈpressives.
Les
diffÈrentes mÈthodes de recueil de donnÈes personnelles sont
donc
utilisÈes par le secteur public tout comme par le secteur privÈ
afin d'exercer une forme raffinÈe du "social engineering": la
surveillance et le contrÙle complets et omniprÈsents du
comportement
de la population.
En
attribuant les Big Brother Awards en France nous voulons
:
- dÈnoncer
et identifier dËs leur dÈbut les tendances ý une surveillance
accrue de la population
- informer
le public sur la nÈcessitÈ de rÈguler le commerce noir de ces
armes non lÈthales
- inciter
ý la rÈsistance contre de telles pratiques
tout
en prenant position :
- contre
une surveillance et un contrÙle accrus des
personnes
- en
faveur de la protection de la sphËre privÈe
- en
faveur du droit ý l'autodÈtermination individuelle en matiËre
d'information
Nous
allons aussi rÈcompenser des personnes, collectifs, projets de
sociÈtÈ qui ont contribuÈ ý informer, rÈsister et dÈnoncer de
telles pratiques.
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